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La reconnaissance de l'art préhistorique...
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Un peu d'histoire... Il a fallu de nombreuses années pour reconnaître la grande antiquité de l'homme et la reconnaissance d'un art préhistorique fut bien plus longue. Reconnaître l'art préhistorique, c'était, en effet, admettre que l'homme préhistorique était capable de réflexion élevée. Ce ne fut pas chose facile dans cette société de la fin du XIXème siècle. La première trace d'art préhistorique "répertoriée" provient de fouilles menées à la grotte Chaffaud dans la Vienne. En 1834, fut exhumé un fragment d'os de renne gravé. Cette découverte fut datée, à tort, de la période celtique et ce ne fut que bien plus tard, en 1861, qu'elle fut enfin rattachée à la période préhistorique. Les découvertes se succédèrent peu à peu mais aucune ne fut considérée comme préhistorique. Deux problèmes à cela. Premièrement, ces découvertes auraient pu remettre en cause l'interprétation biblique de l'apparition de l'homme et il aurait fallu admettre que l'homme préhistorique ait pu avoir des convictions d'ordre philosophique et religieux. La société de cette fin du XIXème siècle n'était pas prête à cela, d'autant plus qu'un autre problème fut mis en évidence : comment dater cet art ? Les fouilles furent menées de façon sommaire et les découvreurs ne s'attardèrent qu'à la récupération du matériel le plus noble sans se soucier d'analyser la nature du terrain et les indices qu'il aurait pu receler. Pour combler ces lacunes, il fallut attendre les années 1850-1860 pour que soient peu à peu entreprises, grâce à l'intervention d'Emile Rivière, des fouilles plus méthodiques permettant de différencier la succession des couches archéologiques : c'est aujourd’hui ce que l’on appelle la stratigraphie. Emile Rivière partait du principe qu'une couche se situant sous une autre était forcément plus ancienne. Cette technique, couplée à la mise en place d'une typologie matérielle développée par Gabriel de Mortillet, permirent d'identifier les traces d'art mobilier comme étant très anciennes. Les découvertes se succédèrent : 1864 : découverte de la "vénus impudique" de Laugerie-basse par le marquis de Vibraye. 1883 : découvertes des premières statuettes des grottes de Grimaldi 1892 : découverte de la "dame à la capuche" de Brassempouy. Mais un problème demeura. Ce qui valait pour l'art mobilier n'était pas applicable à l'art pariétal. En 1879, De Sautuola fouilla la grotte d'Altamira en Espagne, et pendant que celui-ci était occupé à fouiller le site, sa fille identifia des bisons sur les parois de la grotte. De Sautuola fit part de cette découverte aux autorités scientifiques de l'époque et le verdict fut unanime : ces peintures ne pouvaient être préhistoriques ! La communauté scientifique trouva ces peintures trop bien conservées, trop "fraîches" pour être anciennes et surtout, De Sautuola connaissait cette grotte depuis dix ans et la fouille depuis plusieurs années. Pourquoi n'a t-il pas signalé ces peintures au moment de sa découverte ! Bref, personne ne voulut admettre l'ancienneté de ces peintures. Entre temps, d'autres découvertes de peintures rupestres furent effectuées dans la région franco-cantabrique, suscitant tout autant de méfiance. Tout changea en 1895, lorsque E.Rivière regroupa tous les sceptiques à la grotte de la Mouthe en Dordogne. En effet, il y avait découvert des gravures pariétales en connexion avec des couches archéologiques. Le cas était très rare, Rivière en était conscient et savait que c'était la seule façon de faire admettre une fois pour toute l'art pariétal préhistorique comme tel. La démonstration fut faite, plus de doute possible, la majorité s'inclina. Cependant, pour De Sautuola, disparu quelques années plus tôt, il était trop tard. Il ne put assister à cette consécration. Malgré cela, certains préhistoriens restèrent récalcitrants, Emile Cartailhac en tête. Pourtant, une nouvelle génération de préhistoriens menée par l'abbé Breuil, Peyrony et Capitan découvrirent, en 1901, Font de Gaume et les Combarelles qui vinrent étoffer des découvertes déjà fort nombreuses. Mais à cette époque, les résistances avaient déjà disparu et le plus ardent opposant de l'art préhistorique, Emile Cartailhac s'inclina en publiant en 1902 un article désormais célèbre "Mea culpa d'un sceptique". Tout ne fut pas gagné pour autant. Un long combat débuta pour admettre que cet art avait un sens. N'oublions pas l'accueil fait en cette fin de siècle aux peintres impressionnistes. L'art préhistorique en fera les frais. Il sera considéré comme de "l'art de l'art", car celui-ci ne peut être considéré autrement que comme une activité vaine et oisive. Depuis, cette théorie a bien entendu été délaissée laissant la place à de nombreuses autres théories, mais les raisons de cet art ne nous sont toujours pas connues…
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